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Terre en vue !

Publié le par MJ des Glaces

"Les dernières nouvelles sont bonnes capitaine ! Malgré le mauvais temps des dernières semaines, les grains que l'ont a essuyé, et tous ces coups du sort que l'on subit depuis deux ans, et bien il m'a enfin semblé apercevoir la terre dans les brumes lointaines..."

En d'autres termes, pour Pavillon Noir seconde édition, tous les bouquins sont entrés en maquette, les bonus aides de jeu sont en train d'être finalisés... Ça commence à sentir bon de ce côté...

Terre en vue !
Terre en vue !
Terre en vue !
Terre en vue !
Terre en vue !
Terre en vue !

D'île en île...

Publié le par Narrateur de jeu

 

 

C'est au détour d'une promenade (en vacances), qu'on fait parfois de fabuleuses découvertes.

J'ai eu la bonne fortune, au cours d'une journée qui s'annonçait ordinaire de visiter un endroit plein de richesses pour l'imagination...

 

L'île Tatihou. Un endroit très visité, pourtant je n'y avais jamais mis les pieds...

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Après une rapide traversée à bord d'un bateau roulant (si, si ! ), nous apercevons une côte assez banale et typique de la côte manchoise. Mais une fois débarqués et le mur d'enceinte franchi, c'est magique...

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Des vieux bâtiments en pierres, une végétation luxuriante digne des tropiques, des embarcations ici et là le longs des bâtiments...  Et tout de suite l'imagination gambade, et les idées de scénarios se bousculent... Quel lieu d'inspiration ! Aussi bien, pour du médiéval fantastique, que pour du...

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Pavillon Noir !!! La côte proche, l'odeur des embruns, les mouettes tournants au dessus de nos têtes. Le squelette impressionnant d'une quille au centre d'un parc à la végétation exubérante balayée par les vents marins...

 

 Et non loin encore une surprise...

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Un ancien fort ! Maintes fois détruit, et maintes fois rebâtit.

(On reconnaît d'ailleurs la touche de Vauban). La tour est visitable, ainsi que les alentours, pleins de trouvailles au détour des sentiers...

 

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Et pour finir en beauté un musée maritime qui regorge d'informations sur la navigation et la marine du 18ème. Le pied !!!

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          Reconstitution d'entre-pont...

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           Le service du canon...

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           Chargement d'un canon en coupe...

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        Les principaux ports...

 

 

Le genre de ballade qu'on oublie pas !

A bientôt !

une histoire de marin...

Publié le par Narrateur de jeu

      Le brouhaha de la salle enfumée de l'auberge du Rat qui Pète fait lentement place au silence le plus complet. Tous les regards se tournent vers le vieil homme, maigre et ratatiné, qui se tient debout au comptoir. Son visage rouge de chaleur est marqué par des années d'une consommation immodérée de rhum. Comme s'il ignorait être au centre de l'attention, le vieil homme sort sa corde de tabac, qu'il mord pour en retirer une chique énorme. « Sang du diable, te fais pas prier, vieux Ben. Tu la racontes cette histoire ? ». « J'ai du mal à me concentrer, avec cette chaleur, et puis j'ai la gorge sèche », répond le vieux Ben. « Tavernier, sert de quoi imbiber le vieux croûton ».

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      Une fois la première gorgée avalée, en prenant soin de rejeter temporairement sa chique contre sa joue, le regard du vieil homme se fait plus malicieux. « Pour vous situer le décor , on se rendait à Mérida avec Rackham et sa clique. Manque de bol, on avait pas fait la moitié du chemin que la tempête nous a pris. Vous savez, ces saletés de tempêtes qui accompagnent une tornade. On avait beau courir grand-largue en ayant réduit la toile, on n'en menait pas large. Enfin moi, je me suis payé une bonne tranche, à l'abri du vent avec Ange dans la salle des compas. « Timonier, la barre dessous, ouest nord-ouest », que nous crie Xabi, le second. Le maître d'équipage s'égosille pour couvrir le bruit des rafales de vent et des lames qui s'écrasent contre la coque. « Bichon, aux bras de hunier au vent, leste. Dujardin, choque l'amure, une brasse ». Le Bichon s'élance avec une grâce incomparable vers les haubans de grand mât, distribuant des coups de pieds au cul aux plus traînards de son groupe. Faut les comprendre, avec des vagues de quatre bons mètres qui balayaient le pont, fallait être cinglé pour y traîner. D'ailleurs, en essayant de botter le cul de Lefranc le Bichon dérape, se retrouve sur le cul et glisse sous le vent en agitant les bras. Mais il s'accroche au bastingage pour ne pas tomber par-dessus bord. A peine sauvé, le v'la déjà sur ses pattes. Un coup de roulis sur l'autre bord, et notre Bichon s'envole à nouveau, pour être rattrapé par celui-là même à qui il avait tenté de botter le fondement. Par ma chique, je peux vous dire qu'il a pris cher, le Lefranc, parce qu'il s'y connaît Bichon, pour botter les culs. »

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       Tous les regards se tournent vers le pirate, grand, maigre et aux muscles saillants sous sa chemise sale et déchirée. Il grommelle un bon coup avant de lancer un regard furibond à l'auditoire hilare. « Bref, reprend le vieux Ben, c'était une sacré bon Dieu de tempête, mais on s'en est bien tiré. Faut dire que De Vercourt avait piqué droit sous le vent de Grand Caïman qui nous a servi de refuge pendant les quatre jours de tempête. Je me demandais pourquoi diable le capitaine scrutait l'horizon de sa longue vue. Tripes du diable, c'est qu'on avait... » Et le vieux Ben s'arrête, l'oeil rivé vers sa timbale de rhum déjà vide. « Ca y est, je suis déjà à cours d'inspiration ». Les marins ont le souffle coupé. Le temps semble s'être arrêté dans l'auberge du Rat qui Pète, quand quelqu'un s'exclame : « Tu t'endors tavernier, tu vois pas que le bois-sans-soif est à cours d'inspiration. Le diable m'emporte, voudrais-tu par hasard goûter de mon sabre ? ». Pour appuyer ses dires le pirate met sa jambe de bois sur le tabouret et lève la lame qu'il avait entrepris d'astiquer amoureusement depuis le début de la soirée. Le tavernier, devant les regards agressifs de l'assemblée frustrée de son récit, s'empresse de remplir la timbale vide. Comme par magie, comme si rien ne s'était passé, le vieux Ben reprend le cours de son histoire : « C'est qu'on avait perdu le Rackham, qui avait du courir vent arrière à sec de toile pour échapper à la tornade. Alors, par ma pute de mère, je monte sur la dunette et je m'approche du capitaine. « Ben alors, De Vercourt, c'est pas vrai que vous avez pas prévu de lieu de rendez-vous ». Alors il pose sur ma misérable personne un regard entre indifférence et mépris. « Au lieu de déblattérer, vieillard, ramène-moi la carte du Yucatan et le journal pris sur le « Matador », où figurent les routes commerciales venant de Maracaïbo ». Et voilà qu'il me tourne le dos et retombe dans sa contemplation de l'horizon. Ben je suis resté con, là, avec derrière moi le Bichon réprimant son rire gras. « Maître d'Equipage, qu'il dit le capitaine, trente hommes au grand cabestan, envoie grand-voile, brigantine et hunier. Ancre à déraper »

     Voilà que notre goélette à hunier cingle par vent frais plein largue vers le Yucatan. Il n'a pas fallu longtemps avant que la vigie ne se mette à hurler du haut de son perchoir : « Capitaine, trois voiles, non, cinq voiles à onze heures. Convoi probablement espagnol protégé par un navire de guerre ». Il a bonne vue, notre Bûcheron, parce qu'avec la lunette, c'est à peine si je devine des points sombres à l'horizon. Le capitaine lui crie « Quelle direction Bûcheron ? Par le diable, est-on repéré ? « Peux pas dire capitaine, en tout cas, il ne change pas de direction : nord-est ». Le capitaine appelle Xabi sur la dunette : « Nous allons les contourner, restez à distance constante et invisibles jusqu'à la nuit ». Instantanément, Xabi hurle : « Cargue grand-hunier et flèche de brigantine. Affale misaine et brigantine. Hisse les basses voiles du jeu de voiles noires. Timonier, la barre dessous, trente degrés. » En moins de temps qu'il en faut pour le dire, l'équipage du navire passe d'un grand calme à une excitation sans bornes. Autour de moi, les hommes commencent à douter : « Sainte putain, qu'est ce qu'on va foutre contre au moins cinq navires dont un vaisseau de ligne ». « T'as les foies Gérard ? », que je lui réponds, « Tu peux toujours plonger et rentrer chez ta mère à la nage ». « Le diable m'emporte si je ne t'écrase ton foutu nez imbibé de rhum, Ben, je disais juste que je m'demande comment le capitaine compte s'y prendre. T'as de la chance que je ne cogne pas les débris. » Un petit sourire de sa part comme de la mienne, et tout est dit. C'est foutrement beau l'amitié !

     On attend que la nuit tombe, tout en suivant de très loin le convoi. Dès que l'obscurité nous englobe, le convoi nous indique sa position par ses fanaux, preuve qu'il ne nous a pas repéré. En tant que quartier-maître, Ange touche deux mots à de Vercourt de l'état d'esprit de ses hommes. Le capitaine sort alors sur le tillac, emprunte le sifflet du maître d'équipage et appelle tous les matelots. « Tripes du diable, vous me décevez les enfants, ce n'est pas quelques centaines d'Espagnols qui vont vous terrifier. N'avons nous pas pris Vera Cruz, et un trois-ponts à cinquante ? Si vous étiez un membre de ce foutu convoi, à l'horizon, et que vous étiez protégés par un navire de guerre, une bonne Frégate de 30 canons de dix-huit, vous auriez peur de quatre-vingts pirates couards et veules ? ». Des murmures ont parcouru l'équipage, touché par le reproche. « Vous êtes d'accord avec moi, attaquer un tel convoi, c'est de la folie pure. Et bien c'est justement pour cette raison que nous vaincrons une fois de plus. La peste m'emporte si ces foutus Espagnols se doutent qu'ils vont se faire attaquer par une bande de forbans. Nous allons prendre ces navires un par un, à la faveur de la nuit et par la ruse. Ce n'est pas une misérable cargaison à la hauteur de votre piètre courage que nous allons ramener, mais cinq galions chargés d'un butin à faire palir Roberts lui-même. Etes-vous prêts à annoncer à Rackham que nous avons laissé filer un convoi chargé de vaisselle d'or et d'argent ? ». L'équipage, comme un seul homme se met à crier qu'il n'en est pas question et les matelots, l'or déjà devant les yeux lancent un triple hourra pour le capitaine. Moi aussi, mais je suis trop vieux pour me laisser aller comme ça et je vous avoue sans honte que j'avais des doutes sur le succès de l'opération.

     Cette nuit-là, il fait noir comme dans le cul de FetNat, mais les fanaux des Espagnols nous guident dans la pénombre. On navigue sous grand-voile et misaine seules, pour ne pas se faire remarquer. Rattraper le convoi est un jeu d'enfant, parce qu'ils ont mis en panne pour la nuit. Alors qu'on passe près du dernier navire du convoi, tous les hommes ne tiennent plus en place et attendent avec impatience le signal du capitaine. Alors que l'on est déjà bord contre bord, l'autre navire ne nous voit pas, mais nous pouvons distinguer les Espagnols sur le pont. Bon dieu de bois, not' capitaine nous a même pas donné l'ordre de préparer les grappins d'abordage. Moi, je ne tiens plus en place, faut dire que j'ai sacrément soif, quant à Bichon, il a les mains crispées sur sa hache d'abordage, alors qu'on dépasse peu à peu le galion Espagnol. Je me rapproche du capitaine, qui me dit sans me regarder. « Si tu ouvres la bouche, Ben, j'y enfonce mon sabre. Ce galion ne me convient pas. Passons au suivant ». Une fois le galion dépassé, les hommes n'en peuvent plus d'attendre, et De Vercourt les fait tous monter sur le pont : « Nous allons aborder un navire de petite taille par l'arrière. J'abas le premier d'entre vous qui fait feu. Maîtrisez les officiers, mais gardez le capitaine vivant. FetNat dirigera le groupe d'attaque ».

      Je sais pas si vous avez déjà navigué en faisant le moins de bruit possible, mais j'avais l'impression que nous faisions un barouf du tonnerre. Par ma chique, la galiotte dont on se rapproche par la poupe semble morte et déserte. Xabi fait mettre en panne, et le Pélican passe à l'honneur au cul de la galiotte, dont on peut lire le nom : « Libertad ». FetNat et dix hommes se hissent sur la galerie de poupe. Notre géant de nègre s'introduit dans la salle du conseil et en ressort quelques minutes plus tard avec le capitaine du Libertad, une dague sous la gorge, et les autres officiers. De Vercourt monte alors sur la dunette du Libertad et siffle les marins Espagnols sur le pont. « Soit vous vous rendez en douceur et tout se passera bien, soit vous ne coopérez pas et nous ne vous donnerons pas quartier. Je commencerai par faire sauter la tête de votre capitaine ». Les Espagnols, pour la plupart tirés du lit, n'ont pas fait de manière. « Xabi, fais charger nos canons à bord de la prise, tu as six heures. Utilisez les Espagnols comme main-d'oeuvre. Vous autres Espagnols, voici ce que vous pouvez attendre de nous en cas de coup bas ». D'un coup de sabre, De Vercourt fait sauter la tête du second du Libertad. Les Espagnols n'en mènent pas large et c'est à qui aide le plus au transfert des canons. Notre Charpentier se met ensuite au travail et ouvre des sabords dans la coque du Libertad en les camouflant.

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     De Vercourt et moi, on rentre dans la salle du conseil avec le capitaine du Libertad pour causer. Notre capitaine lui demande de lui donner les détails de la signalisation entre les membres du convoi. Il a cru nous avoir, ce gros porc suant, mais j'ai vite compris qu'il nous indiquait comment aider ses petits copains à nous cueillir. Ma pute de mère, je vous jure qu'il l'a regretté. Il a perdu sa main gauche, d'ailleurs, qu'on y a fait bouffer. Par la suite, le bougre s'est montré plus sincère. Avant que l'aube se lève, les canons sont déjà installés sur le Libertad et chargés à mitraille. Notre capitaine fait passer la moitié des gars de notre équipage à bord du Libertad, déguisés en Espagnols, et l'autre sur le Pélican. Et là, on n'a jamais autant ris. Une fois le jour levé, les pirates restés sur le Pélican nous simulent un abordage pitoyable, à grand renfort de coups de mousquet et de pistolet. Les autres pirates, dont j'étais, jouant le rôle des hommes du Libertad, leur mettent une tripotée monumentale. Evidemment, il n'y a de blessés chez nous ni d'un côté ni de l'autre, mais pour faire plus vrai, quelques Espagnols peu coopérants sont passés par-dessus bord ou par les armes de façon spectaculaire, pour donner le change aux autres navires espagnols du convoi. Comme le convoi s'était assez distendu pendant la nuit, le temps qu'il rapplique, nous avons largement le temps de simuler une prise du navire pirate et de hisser les pavillons indiquant notre victoire. Le Pélican, beaucoup plus petit que le Libertad, est attaché en allège à la poupe du Libertad, toutes voiles carguées, pour se présenter comme un navire tout à fait inoffensif. Par signalisation, le navire de guerre nous demande de nous rapprocher de lui pour prendre à son bord les pirates, comme l'avait prévu De Vercourt.

     Je suis vexé, parce que le capitaine me dit que je ressemble à rien et qu'on est cuit si je pointe mon nez de phacochère dehors. Quoi ? Il est très beau mon nez ! A ce propos, tavernier, une autre timbale... Et Xabi ne s'est pas gêné pour m'envoyer un coup de pied dans la gueule quand j'ai voulu voir ce qui se passait. Ah les salauds, je vous le dis, me refuser du bon temps parce que je suis vieux, c'est pas malheureux ? Bon, reprenons. Alors voilà, le navire de guerre Espagnol : l'Esperanza, se rapproche de nous à toute vitesse. Xabi fait carguer toutes les voiles du Libertad, sauf les huniers, pour faire croire aux Espagnols que nous allons l'aborder en douceur. En fait, notre faible voilure nous rend beaucoup plus maniable. Vous auriez du voir la tête des deux morceaux de femmes qui attendent avec impatience, accoudées au bastingage et ombrelles à la main, de voir des pirates de près. Elles n'ont pas été déçues. Alors qu'on passe à une encâblure seulement de l'Esperanza, le capitaine de ce bâtiment ne met pas plus de quelques secondes pour s'apercevoir de la supercherie. Mais c'est trop tard, parce que... ». Le vieux Ben crache sa chique par terre. Il sort nonchalamant sa corde à tabac du sac de toile posé à ses pieds. « Mais alors, qu'est ce que tu attends, Ben, tu continues, oui ? », ronchonne le grand gars aux muscles saillants et aux cheveux poivre et sel. Le vieux Ben, sans écouter les récriminations de Bichon et la rumeur au sein de son auditoire, mord dans sa corde à tabac et mâche consciencieusement.

Canons
     « J'en étais où ? Ah oui ! C'est trop tard, parce qu'on a déjà dépassé les trois quarts de la frégate. « La barre dessous, aux bras sous le vent, leste », crie Xabi. Et voilà qu'on arrondit la poupe de la frégate, qui présente son cul à nos canons. « Artilleurs, canons aux sabords, et feu à volonté ». Dans un fracas infernal, nos douze canons de dix-huit installés sur tribord, crachent leur mitraille. Les billes d'acier lacèrent la poupe fragile de la frégate, qu'elles traversent comme du papier, et balayent l'entrepont. En quelques secondes, les trois quarts de l'équipage de la frégate est réduit en charpie. Le sang s'écoule par l'arrière à gros bouillons et vient colorer la mer. De Vercourt hurle aux hommes rendus presques sourds par la canonnade. « Largue écoutes et amures. Chacun sur les vergues de grand voile, misaine et artimon. ». Dans un hourra général pour notre capitaine, les hommes se précipitent sur les haubans. Il faut dire que le franc-bord de notre galiotte était bien petit par rapport à celui de la frégate, si bien que pour accéder au pont ennemi, mieux valait se servir des vergues de grand-voile comme passerelles. Je monte aux côtés du petit Labotte, qui nous avait rejoint à peine un mois plus tôt. Il hurle de rire tellement les Espagnol se sont fait avoir par le stratagème. Je me retourne tout en grimpant comme un singe, malgré mes 64 piges et je vois un pierrier à piston dirigé vers nous. Je crie au petit de s'écarter tout en me laissant tomber pour éviter le boulet, mais le coup de canon couvre ma voix. Bon Dieu, je me retrouve suspendu en l'air, les yeux rivé sur Labotte, que le boulet a coupé en deux. Il continue à rire, ses deux jambes remplacées par un filet de chair sanguinolante. Corne du diable, c'est que je l'aimais, moi, ce garçon. « Ca va saigner », que je crie, toujours suspendu en l'air. « Acc'oche toi aux enfléchu'e, vieille peau, sinon c'est toi qui va saigner ». C'était FetNat qui continue à monter en me soulevant. Ah, ce gars-là, il est comme par hasard toujours là quand il faut ! Je me raccroche aux enfléchures et je manque de tomber en glissant sur le sang du petit, mais je peux vous dire que je ne suis pas le dernier sur la hune. J'en oublie presque que je ne suis plus gabier depuis l'âge de trente quatre ans, c'est-à-dire depuis trente ans. Nom de dieu, à l'idée de courir sur la vergue comme les autres pour sauter jusqu'au bastingage ennemi, je sens mes jambes se ramollir . Gérard, les yeux rouges et écarquillés par la vue du sang, s'arrête près de moi pour me chuchoter à l'oreille : « Alors Ben, on a les foies, tu peux toujours plonger et rentrer chez ta mère à la nage ». Puis il s'élance sur la vergue de petit hunier en hurlant de rire. « Ma mère, elle est en enfer, et tu vas pas tarder à la rejoindre. Place au troisième âge ! », que je lui crie en me jetant à sa suite. Et ben, je savais pas que je pouvais encore sauter comme un cabri, parce que je fais un bond qui me semble gigantesque, bien sept ou huit mètres, pour me gameller sur le pont ennemi quelques mètres en contrebas. L'Espagnol qui veut m'achever, je lui mets un coup de sabre de bas en haut et je ne donne plus cher de ses roupettes. Les Espagnols se retranchent sur le gaillard d'avant et nous sur le gaillard d'arrière. Si c'est pas malheureux de faire un bel abordage acrobatique pour se retrouver dans une guerre de barricades. Les barricades, c'est les morts qui s'entassent sur le pont. Il faut dire que même après le formidable tir de mitraille qui a fait maigrir les rangs des Espagnols, on est encore à un contre trois. Les Espagnols ne nous attendaient pas et ne sont pas tous armés, ce qui ne fait qu'augmenter le grand nombre d'Espagnols parmi les morts qui jonchent le sol. D'ailleurs, parmi les morts ou les vivants, pas de trace de Xabi, de De Vercourt ni du capitaine de l'Esperanza. Pute borgne, tu m'étonnes que le combat s'enlisait. « Leur capitaine est mort, écartez-vous pour laisser passer Xabi et le canon ». La voix n'est autre que celle de De Vercourt, qui sort convert de sang de la salle du conseil de l'Espagnol. Derrière lui, Xabi pousse un canon de dix huit chargé. Cinq hommes se précipitent pour l'aider. Alors que je pousse le canon, Xabi me dit : « Le diable m'emporte, Francis a sorti une botte fulgurante : parade en tierce, un beau froissement, un passage sous l'arme et il s'est fendu vers la gorge de l'Espagnol qu'il a transpercée ». Le canon en place, De Vercourt monte sur la barricade malgré les tirs de mousqueterie adverses et leur crie en Espagnol : « Votre capitaine est mort, rendezvous et nous vous donnons quartier ». Les Espagnols lui répondent par un tir de mousqueterie qui lui frôle les moustaches. Sans perdre son sang-froid, De Vercourt se retourne et nous dit calmement : « Faîtes feu, garçons ! » Le canon de dix-huit, chargé à mitraille, creuse comme une tranchée dans la barricade adverse, vite recouverte par la vingtaine d'Espagnols touchée par le tir. Les survivants restent interdits pendant une bonne minute, puis agitent un drapeau blanc. Bof, ils étaient pas méchants, et on leur a donné quartier. Les autres navires du convois se rendent sans faire de chichi, si bien qu'à la fin de la journée, Ange, notre quartier maître, fait rassembler tous les matelots Espagnols sur le tillac de l'Esperanza et s'adresse à eux dans leur langue :

Summer Sea
      « Nous venons de vous combattre mais nous sommes frères. Nous vous avons combattu pour votre propre liberté, matelots. Si vous désirez courir les mers librement, sans connaître d'autre maître que vous-mêmes, ralliez-vous sous le Pavillon Noir. Que vous soyez Francais, Anglais, Hollandais, Espagnols, Nègres ou Indiens, esclaves ou libres, vous êtes nos frères. Si vos chaînes vous plaisent, libre à vous de les garder et de retourner servir les puissants qui vous méprisent et à qui votre mort sera indifférente. Pourquoi regardez-vous notre pavillon avec appréhension, sa couleur vous effraie-t-elle ? Elle ne le doit pas, car seuls doivent trembler ceux qui méritent notre colère. Noir est notre pavillon, et voici pourquoi, frères : Noire est l'âme des seigneurs pour qui le peuple n'est que chair à canon. Noirs les complôts qu'ils ourdissent les uns contre les autres et dont la seule véritable victime est le peuple. Noire l'Eglise qui maintient le peuple dans l'ignorance et la terreur, en déclarant les rois bouchers de droit divin. Noires les souffrances des marins qui meurent sous le fouet s'ils osent regarder en face leur liberté. Noire sera notre vengeance, lorsque nous deviendrons plus puissants que les puissants. Noir est le canon : notre voix et notre bras. Noire est la terreur du puissant livré à la merci de ceux qu'il a opprimé. Si Dieu ne nous veut pas vainqueurs, alors le deviendrons nous par nous-mêmes, grisés par la beauté de la liberté que chaque jour nous embrassons. Si un jour un capitaine prend des allures de seigneur, il aura tout le temps de méditer son méfait, seul sur une île déserte, loin des compagnons qu'il a lui-même abandonnés. Les prétendus rois de droit divin ne sont autres que des malandrins à qui la chance a souri et permis de construire un royaume. Si notre flotte devient plus puissante que celle du Roy de France, alors celui-ci nous traitera comme les autres puissants. La seule différence viendra de sa nature de tyran, ce que jamais nous ne serons. Bienvenue parmi les descendants des Frères de la Côte, à un contre cent, à un contre mille, nous vaincrons, car la liberté est notre alliée et la fraternité notre devoir. Si nous devons mourir demain, nous mourrons l'âme en paix, car si courte qu'aura été notre vie, nous aurons au moins vécu »


     Personne ne remarque les quatre pirates qui s'éclipsent au moment où des gardes pénètrent dans l'auberge. Dans la nuit sombre et calme, De Vercourt, Ange, Xabi et FetNat, rejoints ensuite par Bichon et Ben, gagnent leur chaloupe, postée à quai dans le port de Basse-Terre. Ils rament vers le Pélican et les cinq navires Espagnols qui sont mouillés dans l'avant-port. Le clapotis paisible de l'eau contre la coque de la chaloupe n'est troublé que par les tirs de mousquet des gardes du gouverneur, vite étouffés par l'immensité de la nuit.

Sueurs froides aux caraïbes

Publié le par Narrateur de jeu

Un petit "Pavillon Noir", un peu lugubre ce lundi. Les protagonistes principaux : Le capitaine Louis Moresmont, le charpentier Tyler Doyle, le lieutenant Jean de LaRavaillerie... Incarné, par Louis, Max et Fabien :

En mode, éclairage standard...

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   Le capitaine transmet ses ordres...

Et la même équipe, en mode éclairage d'ambiance...

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     Après la rencontre du mystérieux brick anglais... Ils font moins les malins...

Résumé : Après avoir quitté Porto Rico, "la Licorne" se dirige enfin vers Hispanolia et Tortuga pour retrouver les hommes de Moresmont et "Le Rochefort". Les choses ont changé depuis le traité D'utrecht, la guerre aux pirates a été déclaré, il va falloir être prudent dans les eaux française d'Hyspanolia.

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Au premier jour un navire abandonné, un brick anglais, le "Talentuous", croise leur route. Une inspection rapide est organisée pour récupérer des matériaux. Au cours des fouilles, plusieurs incidents étranges se produisent, et un homme de l'équipage disparaît. Le brick se met à couler rapidement, il faut abandonner l'épave, Fabrice, l'homme disparu ne réapparaîtra pas. L'équipage parle déjà de navire fantôme.

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 Cette partie nous a beaucoup fait parler...   Rôleplay quand tu nous tiens...

Dés la fin de journée de nouveaux faits inquiétants se produisent à bord. Tonneaux de Rhum gâtés, tempête, des hommes disparaissent pendant le quart de nuit. Il n'en faut pas plus pour que tous le hommes y voient des signes  surnaturelles.  De la nourriture disparaît, des hommes aperçoivent le fantôme d'une petite fille, des accidents tragiques et mystérieux se produisent. Le temps est détestable. Quand au troisième jour le grain s'arrête enfin, c'est pour laisser la place à une nappe de brouillard impénétrable alourdissant d'avantagre l'ambiance déjà pesante et tendu à bord de "la Licorne".

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Beaucoup pense qu'il faut se débarrasser de Mainelle Essartier, la femme maître d'équipage. Une femme sur un navire porte malheur. Le capitaine est constamment obligé de faire des rappels à l'ordre pour la protéger. Malgré tout la situation s'envenime et un duel finit par être déclaré. Au moment où le combat tourne mal pour la vigie, Jacques le Salace, que Mainelle domine nettement, Guillaume l'écarlate annonce une terre en vue : Tortuga ! Tous leurs soucis semblent alors s'envoler une fois à terre. Mais pour Le capitaine Moresmont et ses hommes de confiance beaucoup d'énigmes restent encore à éclaircir. De plus "le Rochefort" n'est plus à Tortuga. Il est désormais à Nassau. L'île de la Tortue n'étant plus très sur, l'équipage du "Rochefort", commandé par Dorothée, a préféré mettre le navire à l'abris, dans un autre port pirate. Le voyage de la licorne n'est pas terminée.

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                             Le sourire de Guillaume l'écarlate...

De Nantes jusqu'à Fort de France.

Publié le par Narrateur de jeu

Alfonso a offensé son supérieur. Celui-ci le bannit alors des gardes Suisse. Le rêve d'une vie qui s'écroule. Alfonso sait que l'archevêque Zaccagnino n'en restera pas là, il faut fuir. Et puisque tout avenir ici est ruiné, autant fuir loin ! Très loin, vers le nouveau monde... Il suffit de traverser les Alpes, une partie de la France et de trouver un navire en partance à Bordeaux. Justement un navire marchand le "La Brise", remonte vers Nantes puis partira vers la Martinique.

Le chirurgien Jaap Van Slagerenburg est doué ! C'est un maître en la matière, combinant aussi des talents d'herboriste et de médecin, et déjà très reconnu dans son pays. Mais Jaap a un défaut, il est protestant... Dans son pays ce n'est plus toléré, et Jaap doit quitter ses terres natales. Il n'y a plus beaucoup de places dans cette vielle Europe. Après avoir traversé la Belgique, c'est le port de Dieppe qui rejette une fois de plus le hollandais. Ce n'est qu'a Nantes qu'il trouvera un poste de chirurgien à bord de la flûte marchande "La brise".

A la redoute de Nantes, la discipline est strict. Le lieutenant Lecolzer traite ses hommes avec mépris. L'enseigne première classe Jean de La Ravaillerie, ne supporte plus cette homme dont le zèle n'a d'égale que sa cruauté. Fort heureusement à force de persévérance, il se voit confié le commandement d'une dizaine d'hommes d'armes sur le navire marchand de son armateur de père. Le "La Brise". Il reste deux recrues à trouver. A la capitainerie, les hommes cherchant un emplois à bord de navire en partance sont légions. Mais seul deux d'entre eux connaisse le métier des armes. Michel Monsague et un italien Alfonso di Machi.

 

Fabien incarne l'enseigne première classe Jean de la Ravaillerie

Jean

Giani incarne Jaap, chirurgien de bord.

Jaap Van

Kilian incarne Alfonso, soldat de la marine française.

Alfonso

 

Le "la Brise" ne quittera pas le port dans les temps, le pilote, Sebastien Goupil, est absent. Après une rapide enquête dans ses tavernes de prédilection, il se trouve que ce drôle est aux arrêt à la redoute de Nantes. Jean utilise son autorité pour l'en faire sortir. Mais ce pilote a décidément la bougeotte. En soirée alors que le navire va justement appareiller celui ci se fait la belle...

De nouveau il faut partir à sa recherche. Il sera retrouvé juste à temps au prise avec quelques malfrats dans une sombre ruelle. Blessé il est aussitôt pris en charge par Jaap, puis ramené à bord. Le vaisseau peut enfin s'éloigner des côtes française et gagner les caraïbes. Le temps est clément, le voyage sans histoire...

Ce n'est qu'a deux jours des petites Antilles qu'une tempête abominable met le navire marchand à rude épreuve. Pendant deux jours et une nuit, le fier vaisseau est ballottée comme une vulgaire coquille de noix. C'est une tribulation difficile pour ceux qui n'étaient encore jamais montés sur un bateau. De plus quelques incidents surviennent. les voiles qui se déchirent, des hommes qui rejoindront Neptune malgré eux, et un canon fou à l'entrepont, libéré de ses amarres, qui fera bien des dégâts. Grâce au courage sans faille d'Alfonso, le canon sera arrimé à une poutre et stoppé de sa danse macabre.

Lorsque le "La Brise" sort enfin de cet orage, les côtes de la Martinique sont en vues... Ainsi qu'une Goélette, battant pavillon français. Mais à leur plus grande surprise la goélette les attaque immédiatement et hisse  le pavillon noir. il s'agit en fait de pirates !!! Jean ordonne à ses meilleurs hommes de rejoindre les hunes et d'abattre les forcenés les plus excité. Alfonso est fin tireur , et en abattra un grand nombre, dont un dangereux grenadier, à deux doigts d'envoyer un des ses engins explosifs sur le "La Brise".

Malgré tout, le combat est perdu rapidement. Les pirates sont comme des diables et remportent leur prise. La flûte est alors mise en remorque et sera finalement abandonné aux noirs qu'elle transportait et qui était destiné à la vente près des côtes de la Dominique.

Jean de La ravaillerie décide étrangement de rejoindre les forbans suivit de quelques un de ses hommes, dont Alfonso. Quand au docteur hollandais, celui-ci décide de rester caché à bord du navire marchand, jusqu'a ce que la chance lui sourit...

La Brise

                                                                    Le "La Brise"

C'était la séance de dimanche dernier. Un Pavillon Noir comme vous l'aurez sans doute compris. Si certains d'entre vous sont disponibles pour dimanche prochain (le 7), on peut se tenter quelquechose...

A bientôt.